Les "crypto-braquages" à domicile se multiplient en France

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 Les "crypto-braquages" à domicile se multiplient en France

Publié le
 
 21 avril 2026 à 08:05
 par Mathieu M.

Une vague de braquages à domicile d'une violence inouïe frappe la France, ciblant spécifiquement les détenteurs de cryptomonnaies. De Montpellier à Anglet, des commandos organisés utilisent des modes opératoires rodés, incluant déguisements et séquestrations, pour extorquer des actifs numériques. Plusieurs suspects ont été arrêtés, mais le phénomène, en expansion, révèle une nouvelle forme de grand banditisme.

En l'espace de quelques semaines, plusieurs familles en France ont vécu un véritable cauchemar. À Saint-Jean-de-Védas près de Montpellier, à Toulouse, puis à Anglet, des individus armés ont fait irruption à leur domicile. Leur point commun ? Ils ne cherchaient ni cash, ni bijoux de valeur, mais des codes d'accès à des portefeuilles de crypto-actifs. Ces attaques coordonnées signent l'émergence d'un banditisme 2.0, bien plus brutal et direct.

Quel est le mode opératoire de ces "crypto-braqueurs" ?

Le déguisement du livreur est devenu leur signature. À Montpellier, un père de famille a ouvert sa porte à un homme en tenue de livreur, avant d'être immédiatement braqué. La même méthode a été employée près de Toulouse où une femme a été séquestrée par quatre individus armés. Le but est simple : forcer l'entrée et obtenir les clés des comptes de Cryptomonnaie sous la menace, parfois en présence d'enfants terrorisés.

Mais la violence physique est aussi au cœur de ces opérations. Un coup de feu a même retenti à Montpellier, et à Anglet, deux hommes ont été violemment frappés. Fait incroyable, dans ce dernier cas, les malfrats s'étaient trompés de cible, s'en prenant aux nouveaux résidents d'une villa dont l'ancien propriétaire était le véritable détenteur d'actifs numériques. Un détail qui en dit long sur la préparation, mais aussi sur les potentielles failles de ces commandos.

S'agit-il de simples faits divers isolés ?

Malheureusement, le phénomène explose ces derniers mois. Les enquêteurs, notamment la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS de Bordeaux - une entité judiciaire traitant la criminalité organisée), sont formels : il s'agit d'un phénomène national et structuré. Loin d'être des actes impulsifs, ces attaques sont orchestrées par des réseaux qui s'appuient sur des renseignements précis. Le procureur de la République de Bordeaux évoque une expansion favorisée par la "fuite de données numériques" concernant les propriétaires de cryptos. En clair, des listes de cibles circulent sur la toile, permettant de programmer chaque méfait.

La coordination est évidente : les suspects arrêtés pour l'affaire de Toulouse ont été repérés près de Marseille, préparant potentiellement un autre coup. Ceux d'Anglet, originaires du nord de la France, ont été interceptés à Paris et Bordeaux. Cette dispersion géographique prouve l'existence de réseaux criminels nationaux spécialisés dans cette nouvelle forme de tentative d'extorsion, transformant une menace numérique en agression physique bien réelle.

Quelle est la réponse des forces de l'ordre ?

Dans l'affaire de Saint-Jean-de-Védas près de Montpellier, le suspect a été identifié et interpellé à Marseille en quelques heures seulement grâce au travail de la Section de recherches. Il faut aussi saluer le sang-froid remarquable de la victime qui, profitant d'un moment d'inattention de son agresseur, l'a affronté et mis en fuite au terme d'une lutte acharnée.

Les investigations se poursuivent activement pour démanteler l'intégralité de ces filières. L'objectif est double : interpeller les membres encore en fuite, mais surtout remonter jusqu'aux commanditaires qui tirent les ficelles. Le traçage des flux de cryptoactifs volés est également une priorité absolue pour les enquêteurs, qui cherchent à assécher financièrement ces gangs d'un nouveau genre.

Les victimes étaient-elles spécifiquement ciblées ?

Oui, tout porte à croire que les agresseurs agissent sur la base de renseignements, probablement issus de fuites de données de plateformes d'échange de cryptomonnaies. Ils connaissent ou supposent que les victimes détiennent des actifs numériques importants, même s'ils peuvent parfois se tromper d'adresse.

Les agresseurs ont-ils tous été arrêtés ?

Non. Si plusieurs interpellations ont eu lieu rapidement dans chaque affaire, les enquêtes confirment que les individus arrêtés ne sont que des exécutants. De nombreux complices et surtout les commanditaires sont encore activement recherchés par les services de gendarmerie et la justice.

Mathieu M.

Journaliste GNT spécialisé imprimantes 3D et nouvelles technologies

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