Enlèvements liés aux crypto-actifs : six nouvelles interpellations, 88 personnes mises en examen depuis 2023

Le parquet national anti-criminalité organisée (PNACO) a dressé ce vendredi 24 avril 2026 le bilan de son action contre les enlèvements liés aux crypto-actifs. Six hommes ont été interpellés ces deux dernières semaines dans deux affaires distinctes en Savoie et en Charente-Maritime.

Six hommes ont été interpellés ces deux dernières semaines dans
deux affaires distinctes d'enlèvements liés à des crypto-actifs,
commis en novembre et décembre 2025 à Challes-les-Eaux (Savoie) et
Dompierre-sur-Mer (Charente-Maritime). Tous ont été mis en examen
puis placés en détention provisoire. Dans un communiqué diffusé ce
vendredi 24 avril 2026, le parquet national anti-criminalité
organisée (PNACO) dresse un bilan global de son action : 88
personnes mises en examen dans 12 dossiers en cours d'information
judiciaire, alors que 135 faits de ce type ont été recensés depuis
2023 par les forces de l'ordre.

La première affaire concerne un enlèvement commis en novembre
2025 sur la commune de Challes-les-Eaux, située dans
l'agglomération de Chambéry, dont le PNACO s'était saisi. La
semaine dernière, trois hommes âgés de 25 à 30 ans, déjà condamnés
par la Justice, ont été interpellés par la section de recherches de
la gendarmerie de Chambéry et l'unité nationale de police
judiciaire (UNPJ) de la gendarmerie. Ils ont ensuite été mis en
examen "notamment des chefs d'arrestation, enlèvement,
séquestration en bande organisée, extorsion et blanchiment en bande
organisée", indique le communiqué. Les trois mis en cause ont
été placés en détention provisoire dans le cadre de l'information
judiciaire diligentée par les magistrats instructeurs du tribunal
judiciaire de Paris.

Deux affaires connectées entre la Savoie et la
Charente-Maritime

Cette semaine, trois autres hommes ont été interpellés par la
section de recherches de Poitiers et l'UNPJ de la gendarmerie, dans
le cadre d'un enlèvement survenu en décembre 2025 à
Dompierre-sur-Mer, commune de l'agglomération de La Rochelle. Deux
d'entre eux venaient d'être mis en examen dans les faits commis à
Challes-les-Eaux, et tous étaient déjà condamnés, notamment pour
des faits de violences volontaires aggravées. À la suite de leur
mise en examen, les intéressés ont également été placés en
détention provisoire dans le cadre de l'information judiciaire
suivie par le tribunal judiciaire de Paris.

À ce jour, les investigations ont conduit, dans le cadre des 12
dossiers actuellement en cours d'information judiciaire suivis par
le PNACO, "à la mise en examen de 88 personnes (dont plus de 10
mineurs) et le placement en détention provisoire de 75 d'entre
eux". Le parquet souligne une évolution rapide du phénomène :
18 faits recensés en 2024, 67 en 2025 et déjà 47 en 2026.

Des réseaux structurés mis au jour par les rapprochements
d'enquête

Selon le parquet, ce nombre important de mis en cause résulte
d'un travail approfondi de rapprochements judiciaires mené par les
services d'enquête, en particulier l'Office central de lutte contre
le crime organisé (OCLCO), rattaché à la direction nationale de la
police judiciaire, et l'UNPJ de la gendarmerie. Leurs
investigations auraient permis de relier entre elles plusieurs
procédures jusque-là traitées séparément, grâce à
"l'identification de personnes impliquées de manière récurrente
dans plusieurs dossiers, révélant ainsi l'existence de réseaux
structurés". Cette stratégie procédurale correspond à
l'objectif poursuivi par le PNACO dans ses saisines, en lien avec
les juridictions inter-régionales spécialisées (JIRS) : "mieux
appréhender l'ampleur des faits, garantir la cohérence des
investigations et renforcer l'efficacité de la réponse pénale sur
tout le territoire".

Le parquet insiste sur la nature des infractions visées, sous
les qualifications juridiques d'arrestation, enlèvement,
séquestration en bande organisée, extorsions et tentatives
d'extorsion en bande organisée. Ces faits présentent une
"particulière gravité, tant par les atteintes portées aux
personnes que par les méthodes employées pour obtenir des
transferts de crypto-actifs sous contrainte", souligne le
communiqué.

Un appel à la vigilance des détenteurs de crypto-actifs

Le PNACO appelle à une vigilance renforcée de la part des
détenteurs de crypto-actifs et de leurs proches, mais aussi des
professionnels du secteur des crypto-monnaies. Il recommande
d'éviter "toute surexposition sur les réseaux sociaux
susceptibles de permettre leur ciblage" et de rester attentifs
face à "toute prétendue sollicitation par des interlocuteurs se
faisant passer pour un service d'enquête ou une institution
judiciaire afin d'obtenir des informations de localisation ou de
détention d'actifs numériques".

Les investigations se poursuivent activement, sous l'autorité
des magistrats instructeurs, "afin d'identifier l'ensemble des
auteurs ainsi que les commanditaires, de préciser les circuits
financiers et de démanteler les réseaux impliqués". Le PNACO
rappelle que toute personne mise en examen bénéficie de la
présomption d'innocence. Le communiqué est signé de Vanessa Perree,
procureure nationale anti-criminalité organisée.

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